Si d’aventure

si d’aventure d’aucuns en venaient encore à penser que le quotidien d’un prêtre du lundi au samedi ressemble globalement à (un dessin perdu)

avec des petites variantes, un bréviaire dans les mains, ou dans une église à célébrer une messe ringarde face à une assemblée squelettique et moribonde, ou bien encore confessant, l’œil compassé, la mamie qui aurait abusé des Cadburry, voire lisant avec componction un opuscule pieux. Une fois ces saintes oeuvres accomplies, et la quête comptée avec une application racornie, le prêtre regarderait passer les heures, accoudé à sa fenêtre, derrière les dignes rideaux de son presbytère poussiéreux. A moins qu’il ne prenne le temps d’observer les fenêtres d’en face, celles de la vraie vie qu’il aurait fuie il y a longtemps, regardant ces fenêtres s’allumer sur trois étages superposés ensemble à heures fixes… on s’affaire dans les cuisine pendant qu’on glande dans les salons…

Apprenez que particulièrement à l’approche des fêtes pascales, les journées ne sauraient se ressembler, et ne laissent guère à l’esprit le temps de vaquer les mains dans les poches tant il faut convertir en programmes concrets une palanquée de célébrations en gestation pour les semaines ou les jours à venir, anticiper les prochaines retraites, trouver des initiatives caritatives, préparer la réunion du soir, faire la feuille de chants.… L’ordinateur sature, le clavier chauffe, le cerveau bouillonne, et l’on se demande le soir où l’on a été chercher de telles idées différentes pour des célébrations qui à la base pouvaient tant se ressembler.

Et histoire de pimenter le tout, il découvre tout à coup que pour les démarches pénitentielles communautaires, il a commis l’erreur de s’engager à les préparer tout en oubliant soigneusement cet engagement. C’est bien, ça stimule!

Il s’agit bien sûr de faire tout cela avec le flegme décontracté de celui qui vient à chaque rencontre d’un pas non affairé.

Un coup de fil… les affaires reprennent. Plus que quelques mois à fond de train!

C’est un bon rythme, qui convertira ce travail du dessous en rencontres fructueuses… Et si parfois la joie s’effiloche dans les accrocs de l’agenda, le prêtre est si souvent témoin d’une espérance travaillant les entrailles de ce monde qu’il repart en courant (de joie).

haro donc sur les réputations mal ficelées, il y a chez les prêtres du boulot à ne plus parfois savoir qu’en faire, et si on ne peut pas vraiment dire que c’est bien payé, on a la joie d’avoir une vie (un travail?) qui sait (nous) humaniser.

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