Bas Thème

Tout est sûrement question de référentiel. Dans le mien, ça ne ressemblait pas à ce que j’espérais. Dans le leur, c’était sûrement déjà bien. Enfin je pense. Ce n’est pas pour autant que  ça ne portera pas de fruit… Mais bon, pour un samedi après-midi, c’était chaud.

Un baptême, trois même. Familles diverses, sympathiques, qui avaient bien préparé, que j’avais rencontrées dans la semaine pour tout mettre en place, tout mettre au clair. Les baptêmes et les mariages ne sont pas les célébrations les plus simples à porter pour les prêtres: les assemblées sont très très hétéroclites, avec une proportions généralement moins que majoritaire de chrétiens pratiquants. Et pourtant, ils étaient tous là à l’heure. Parents, parrains, marraines, familles, amis. Bon signe. Tous sous le clocher, souriant de l’accueil, marquant les enfants du signe de la croix.

Quelques pas et nous nous installons dans la nef. A l’invitation du prêtre, tout le monde prend sa feuille et le chant commence. Le chant du prêtre. Pour la première fois sans doute, personne n’a chanté avec moi; ou alors si peu fort que je n’entendais pas. Quel contraste avec l’enthousiasme des jeunes de la profession de foi! Les chants sont ultra connus, des vieux rossignols rabâchés dans toutes les églises de France depuis la jeunesse de mes parents… Mais ils n’ont pas chanté. J’avais l’impression d’être le joueur de flûte de Hamelin, entraînant tout le monde à ma suite en solo… en silence.

D’un sourire, inviter à dire plus fort “je rejette”, “je crois” histoire que ça s’entende un peu. ça marche plus ou moins, mais toujours pas de chant. C’est vertigineux. Tout une célébration à chanter en soliste devant une assemblée quasiment aphasique. Je ne sais pas bien ce qui se passe. Ils n’osent peut être pas, n’aiment peut-être pas ça, ne veulent pas trop se mouiller devant les autres. A défaut d’entraîner un enthousiasme délirant, je continue de sourire, intrigué, voulant laisser cette porte ouverte. A défaut de comprendre, ils m’inspirent des questions:

Pourquoi est-on témoin de tant de joie chez certains, et de cette aphasie surprise chez d’autres? C’est sans doute que la foi ne prendra pas la même place dans la vie. Une respiration, un cœur qui bat, un principe de croissance qui agit au cœur de l’histoire personnelle d’un côté, un rite important qui rappelle que les passages ne sont pas exempts de mystère, une tradition qu’on révère de l’autre.

Si ce n’est ni un souffle, ni une force de croissance de chaque instant, il sera moins aisé de percevoir que l’adhésion, la pratique courante de la foi sont nécessaires ou vitales, une mise-à-jour épisodique, une “vidange des 30 000”, un check up du “kit de religion” trois fois par an pour les plus consciencieux, et ça sera pas mal. Mais si la foi se redécouvre comme principe de vie, alors cette vie explosera, chantera, se jouera dans la fidélité.Et elle aura besoin de chaque instant, de chaque pulsation.

Alors que nous sonnons les cloches avec les enfants, à la fin du baptême, je prends ma décision, les homélies de ce week-end interpelleront les paroissiens. Savez vous donner envie de chanter à vos contemporains? Non? moi non plus… Alors il faut qu’on apprenne, ensemble!

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