qui a « cru » croît

Je trouve encore à cette époque de l’année sur les étals de mon supermarché des tomates d’un rouge aqueux et tapageur. On pourrait y voir un signe du réchauffement climatique généralisé, mais elles ne sont que le fruit contre nature d’une culture « hors sol », les pieds baignant dans une solution nutritive, au sein de serres surchauffées.

Identiques, stables, elles décorent les quiches avec brio tout en ne lui rajoutant pas la moindre once de goût, ou alors un bon vieux goût de flotte. Il faut dire que le coton imbibé où elles puisent leurs ressources n’a pas l’épaisseur des terres où elles pourraient s’enraciner dans les bonnes saisons.

Quand je les vois, j’aime bien me rappeler que l’Evangile nous invite à ne pas devenir des chrétiens « hors sol », vivant d’un ersatz de foi puisé dans un substrat aseptisé d’un coton bien pensant moribond. Non. Il faut se rattacher à la vigne. Parce que non seulement on ne pousse pas hors sol, mais on n’est pas des tomates. Le jus de tomate, même salé, ça se subit. Le jus de raisin, habilement fermenté, ça se déguste, ça donne même des avant-goûts de ciel. Elle est quand même bien, cette Bible, aux accents plus oenophiliques que végétariens.

Si c’est pour faire du bon vin, je me sens plus prêt à me raccrocher à la vigne, plutôt que de faire de mon côté une imitation imbuvable, quitte à trouver le cep noueux, la cohabitation en grappe serrée, pressé à longueur de journées. et qui sait, ça pourrait donner un “Figeac 71, mon Saint Emilion préféré. Introuvable. Sublime, rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Eclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue”. On y est! (naturellement, je ne mets pas l’auteur de la citation. Tout le monde a reconnu)

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