mediator

Si j’étais sérieux, et courageux, j’achèterais un médiator, et je me donnerais les moyens de progresser. Je prendrais exemple sur d’autres, je prendrais des cours, et je me remettrais à apprendre. Je cesserais de bidouiller des arpèges à la guitare, autour de huit accords, et apprendrais d’autres techniques, ou d’autres instruments. C’est qu’il faut pas mal de souplesse pour maîtriser l’outil, et le jeu qui va avec. De mon côté, j’ai toujours aimé, voire préféré les arpèges légers, les notes qui se détachent, claires sonores, pour dessiner un univers musical par petites touches. Mes guitares ont toujours été classiques, ou électroacoustiques… et mon jeu fragmenté.

le médiator, c’est aussi l’accord plus massif, le jeu d’ensemble, un tout autre son, où les notes, loin de se détacher se fondent ou tout au moins se chevauchent. On perd le goût de la note pour la force de l’ensemble.  Il appelle un peu la distorsion, la guitare saturée, plus électrique, et virtuose à la fois. La scansion change et le rythme s’impose, la musique n’est plus affaire de notes mais de constructions.

Je me demande tout de même si l’outil ne façonnerait pas un peu l’artisan… Si le jeu ne dit pas quelque chose du joueur, le récit du conteur, la prière de l’orant, la rime du poète… Je joue en arpège comme j’écris, en petites touches, où chaque note est ciselée, reliée, parlante. Il n’y a pas d’impression d’ensemble, et je décortique les harmoniques de chaque instant. Mais je suis captivé depuis deux semaines par le dernier album de Théos, définitivement rock, qui se paie le luxe d’être chrétien sans chercher à illustrer pâlement la Bible de mots nouveaux, ou rimer sur « mon petit Jésus »… C’est même pas cucul la praline comme pourrait le supposer la thématique chrétienne habituelle de ce genre de musique qui appelle aussi sûrement le sirupeux que les accords mineurs. Ici, les musiques sont rock et efficaces, et il faut se laisser apprivoiser peu à peu par les différents morceaux pour en découvrir la subtilité des textes. Les refrains se collent dans la tête, les instrumentations appellent le chant.

Je suis souvent en consonance avec leur manière d’écrire, d’aborder les grands thèmes par de petits récits un peu sur le côté, cette manière de ne pas citer la Bible tout en étant au plus juste de ce qu’elle propose…. Bref, cette façon de parler du mystère sans en avoir l’air. Ils nomment en mots choisis cette rugueuse vibration de la foi avec le monde qui l’attend sans le reconnaître. Quand je m’attache à exprimer chaque note, ils sont plus sensibles à un mouvement, une dynamique, parfois même avec un peu de distorsion. C’est le revers de la médaille de la saturation, elle accentue le trait. Le monde de Théos est sombre, et la lumière déchire l’obscurité, l’espérance est ardue et tend nos quotidiens…

Certains morceaux se font plus retenus, la respiration y est plus abordable, même au cœur des hivers. Je goûte la maturité de ce groupe, tant musicale, littéraire que spirituelle dans le patchwork des petits groupes cathos. Un must have, quoi.

Découvrez la playlist théos avec Theos

‘C’est surprenant quand on y pense.’

le fait qu’ils aient repris deux de mes clichés pour illustrer leur album me touche plus qu’on ne saurait le croire!

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