tous les matins du monde

Il était midi, l’heure où l’on ne fait rien. On l’avait fait appeler, par coups de fils indirects en pagaille pour qu’il se présente derechef au palais, son portable récupérant des affres d’une inondation impromptue. Il s’était assis à l’invitation du prince sur le bale dangin, et avait bu en s’excusant un thé sans paille ; il n’avait pas compris ce qu’il faisait là, celui qu’il pensait rencontrer n’était pas finalement celui qui assis en face de lui. Nous avions alors mené une conversation improbable en indonésiano-franco-balinais à base d’amis communs, d’histoire locale et de projets actuels. Là-bas, tout le monde l’appelle Made Bagus. Et nous avons passé pas mal de temps ensemble durant les deux semaines qui suivirent. Il montait un spectacle de percussions corporelles, je prenais des photos, et nous discutions avec des dalang de la force de notre foi, ou de nos religions. La qualité de la relation était à la hauteur de l’improbabilité de la rencontre.

J’ai quitté Grégoire à une heure trente du matin, écoutant les dernières gouttes d’une nuit diluvienne qui nous avait trempés jusqu’à la moelle, les pieds baignant dans la rivière qu’étaient devenues places et ruelles. Je portais alors un TShirt de Manga qu’il m’avait généreusement cédé, attendant la fin du cataclysme météorologique qui avait ponctué tout le Gambuh de folie auquel nous avions assisté de concert…  Quelques heures plus tard, j’étais dans l’avion pour un autre bout de l’Indonésie quand il s’envolait pour la France.

J’ai reçu un mail de Grégoire cette nuit, en attendant de le revoir bientôt, il annonçait un spectacle demain à Lyon, et même si l’univers culturel n’a pas grand chose à voir avec Bali, la musique qu’il propose est d’une excellence et d’une douceur qui font du bien… Sans parler de la petite citation insérée en plein milieu de la vidéo. Le son n’est pas excellent au début, mais la magie prend.

Le spectacle s’appelle donc Couette [1] et si j’étais lyonnais, j’irais volontiers y passer une bonne heure. ça me changerait des cris des manifs, et des traits incisifs de ceux qui ne sont pas dans la rue. Un peu de douceur, vous dis-je… et la 2e écoute est encore meilleure.

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