feu et eau (#900)

(pardon par avance pour le coup de gueule, mais bon, ça ira mieux en le lisant, je ne doute pas que les décisions prises dans ces situations le soient « au plus juste » et « pour le mieux »… c’est juste qu’on découvre, de l’extérieur, que ça sonne un peu « pas si juste »)

Parfois, parce qu’ils sont plus dou(cereu)x, plus évocateurs, moins violents, on remplace les textes des inhumations par des méditations, attribuées par l’omniscient internet à des auteurs plus ou moins célèbres, de William Blake à St Augustin (paix à leurs âmes). Ils sont souvent jolis comme des textes de Christian Bobin : jolie image, joliment tournée, avec un je ne sais quoi de joliment… désagréable. Je pense notamment à ce texte sur la pièce d’à côté, et surtout au bateau qui disparaît à l’horizon. Je comprends qu’ils soient parlants, ils disent l’absence et la non disparition… mais ce matin, j’ai compris pourquoi ils étaient finalement “urticants”.

Ce matin, l’enterrement, c’était celui d’un ancien pêcheur (je ne fais pas de faute d’accents, là)… et l’intention de prière inhabituelle, au cours d’une messe très très très préparée, était pour les hommes ayant péri ou disparu en mer. Cimetières aux tombes vides des bords de mer, vous égratignez la mémoire et la fidélité. Vos tombes sans corps sont encore plus violentes.

Il nous fallait votre corps pour entretenir notre mémoire, garder le sens de notre blessure, nourrir notre attente et notre espérance.

alors par pitié, arrêtez de jeter vos cendres n’importe où, faites mémoire, et cessez ces méditations à court terme.

On a besoin de chair pour aimer. Elle a son prix, même avilie.

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