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Cher Dieu,

Tu permets que je te tutoie, vu qu’on se fréquente depuis pas mal de temps, et que tu es, comme qui dirait, un intime? Même plus intime à moi-même que moi-même dit-on (jolie phrase dont on n’est jamais sûr de bien savoir ce qu’elle veut dire, mais qu’on dit quand même, parce qu’elle est sûrement vraie). Bon, en fait, tu es plus sérieux sur le côté intime que je ne le suis, mais bon, puisque tu es toujours là, même quand je suis ailleurs, ou absent, ou fermé, ou dérangé, ou occupé, ou tant d’autres choses, je reste convaincu de cette intimité. C’est presque déjà un acte de foi, hein? Donc je te dis tu. Note bien que je dis “vous” à des gens intimes aussi. Mais pour toi, je préfère ‘tu’, ça me permet de rester à ‘tu et à toi’, ce qui est pas si mal. “pouf pouf”.

Cher Dieu,

Je t’aime bien, tu sais, et je trouve que tous ces petits messages que tu m’as adressés depuis quelques années étaient vraiment sympas. Ils ont un petit côté “sms du nouvel an”, envoyé le 1er jour du temps, et qu’on reçoit bien plus tard, au gré de la connexion au réseau. Bien des fois, je suis pas sûr de voir le rapport, et puis très souvent, ça tombe juste, comme il faut, pile poil, nickel chrome. Pour être franc, je dois en recevoir certains avant la date prévue, vu que je ne les comprends que bien plus tard. Tout le temps Parfois, j’en reçois en numéro caché, et j’ai encore plus de mal. Mais au bout d’un moment, je finis par comprendre et hop, le coup de grâce. Sans parler des messages que je zappe, récepteur sur vibreur, mais vie trépidante. Et puis, en plus des sms impromptus, il y a aussi les longs messages, et les silences parlants, mais parfois, je fais pas gaffe, et là aussi je les rate. Pardon. Pouf pouf.

Cher Dieu,

J’aime bien ta Bible, je la trouve sympa et bien écrite, parfois un peu obscure ou compliquée à comprendre mais ça va. Le jour où j’ai réalisé que tu savais manier les genres littéraires, via les gens qui ont mis toute ton histoire sur papier, j’avoue que ça a été plus facile. J’ai encore souvent un peu de mal, mais ça va. Un des trucs que je trouve balaise, ce sont ces petites questions franchement rhétoriques qui ponctuent ce beau texte, genre “tu peux choisir la bénédiction ou la malédiction”, ou encore le coup du Bon Samaritain. A tous les coups on est d’accord avec toi, et c’est vachement (je suis normand) bien trouvé.

Il y en a juste une qui me défrise les poils des oreilles ces derniers jours, et même un peu trop souvent, c’est celle que tu as soufflée à Paul quand il nous cause via les corinthiens. “O mort, où est ta victoire?”. Ben, euh, comment te dire sans te froisser, ces jours-ci, j’ai du mal à retrouver l’aspect rhétorique. J’ai envie super fort de répondre: “un peu trop partout, surtout là où il ne faudrait pas”. J’avoue en avoir un peu marre, et j’aimerais bien que tu me fasses recevoir le message suivant, celui où je reprends pied, celui où je vois la force et la promesse tenue dans la résurrection de ton Fils, celui où tu me mènes sur un chemin vers toi et qui me fera dire “c’était un sacré ravin, j’y ai beaucoup perdu, mais tu m’as bien récupéré sur ce coup là, et je me sens en confiance pour le prochain”. Là, je me sens un peu Icare qui croyait qu’avec quelques plumes, ça allait le faire. Et Paf.

A ce moment là, comme je ne m’ennuyais pas, on a décidé, dans la paroisse, de proposer des offices supplémentaires dans les églises, et c’est bibi qui s’est coltiné la constitution d’un hymnaire. Quelques heures devant le PC, (facebook globalement éteint pendant le carême) à mettre en forme des hymnes en tous genres, pour pouvoir prier. Et dans la période “temps pascal”, (Pascal qui était super fort sur les questions rhétoriques, ça aurait du me mettre la puce à l’oreille, c’est fou, on n’est pas attentifs parfois), dans la période temps pascal, le temps où tu gagnes, je suis tombé sur ça:

Fini le temps du Golgotha,
fini le cri du Fils de l’homme,
     finie la croix,
     sinon pour l’homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, Jésus ressuscité ?

Fini le temps du Serviteur,
fini le soir du Fils de l’homme,
     finie la peur,
     sinon pour l’homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, Jésus ressuscité?

Premier réveil au Dieu de vie,
premier matin du Fils de l’homme,
     premier réveil
     aussi pour l’homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, ô mort du Premier-Né?

Encore le temps des Golgotha,
encore la soif au cœur de l’homme,
     immense croix
     du Fils de l’homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, ô mort du Premier-Né?

Viendra le temps de nos soleils,
viendra ton Jour, ô Fils de l’homme,
     en toi réveil
     de tout cet homme
     que nous sommes.
Ton souffle est notre Pâque, Jésus Ressuscité.

R/ Lumière aux nuits de mort,
feu de Pâque aujourd’hui,
allume un chant d’espoir,
Dieu de Pâque dans nos vies.

(Claude Bernard)

Ok, message reçu. “sinon pour l’homme que je suis”. Ta victoire, va falloir que j’apprenne à la recevoir, dans mon histoire.

merci.

je te claque une bise. Embrasse Jésus, sa mère, le Saint Esprit et les bienheureux de ma part,

Bisous,

David.

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