ouvre-moi la porte, toi qui as la clef

Dans la paroisse où je sévis, il doit y avoir 7 clochers, cinq à Cherbourg entre ultra-centre et quartiers, et deux dans la commune d’à côté. 7 clochers où nous célébrons plus ou moins régulièrement, suivant l’implantation… et parmi elles, une se love dans le creux de la “montagne”, sous la falaise, derrière le premier à-pic des façades de l’avenue. Elle est un cœur caché d’un quartier éprouvé. On pourrait dire qu’elle est dans une impasse, mais ça serait aller trop vite en besogne.

un petit clocher, un petit parking, une petite école privée pas loin, des ouatères publiques adossées, et depuis la grand’route, si on ne passe pas trop vite, on voit une porte… fermée.

“N’empêche qu’une porte c’est mieux qu’un mur”

c’est ce qu’ont dû se dire ceux qui ont eu l’idée compréhensible mais saugrenue, idée logique mais bizarre, idée des deux portes dont l’une en trompe l’œil, celle qu’on voit de la rue n’est qu’une peinture, l’autre, plus discrète est à côté.

et je pense à cette porte figurée comme celle à laquelle frappent quelques uns de mes contemporains, qui frappent et s’étonnent qu’on ne leur ouvre pas, frappent et s’étonnent qu’on veuille les faire entrer par la porte à côté, celle qu’on ne voyait pas de loin, celle qui laisse aller à l’intérieur.

Ils demandent un baptême, mais refusent catégoriquement de catéchiser leur enfant ; et on leur dit que leur demande est une vraie question pour nous, comme frapper à cette porte en faux semblant ;
ils demandent une hagiographie lors d’un enterrement, quand nous voulons faire entrer dans une espérance qu’ils peineront à accueillir ;
ils en veulent à l’Eglise de parler de Morale, de l’Homme sauvé, de Dieu, parce que ce n’est pas ce qu’attend la société… quand on a au cœur une profondeur, une élévation in-attendue mais in-dispensable.

Toi qui frappes à la porte avec toutes tes attentes… ne t’étonne pas qu’on ne t’ouvre pas le mur porteur, mais s’il te plaît, laisse-toi accompagner, d’un pas de côté, vers la porte qui mène à l’Intérieur…

Et moi, chrétien, prêtre, il me faudra de la douceur pour faire ce mouvement avec toi.

et aussi, comme dans cette autre église de l’agglomération, faire quelques travaux pour garder ou redonner à nos portails leur caractère naturellement “accueillant”.

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