Écrire sur le pourtour de l’ineffable

parfois je parle de Dieu, plus souvent je lui parle,
mais j’aime que les mots frôlent l’ineffable sans le définir, sans même le circonscrire
il n’apparaît que plus lumineux si je ne l’ai terni de ma description
si j’ai dit les ombres que sa lumière permet
si j’ai ouvert l’espace de la recherche
de la contemplation.

 

ou, pour reprendre les mots d’Erri de Luca:

Fai come il lanciatore di cotelli, che tira intorno al corpo.
Scrivi di amore senza nominarlo, la precisione sta nell’evitare.
Distràiti dal vocabolo solenne, già abbuffato,
punta al bordo, costeggia,
il lanciatore di coltelli tocca da lontano,
l’errore è di raggiungere il bersaglio, la grazia è di mancarlo.

Fais comme le lanceur de couteaux, qui tire autour du corps.
Ecris sur l’amour sans le nommer, la précision consiste à éviter.
Détourne-toi du mot solennel, déjà ripaillé,
vise le bord, longe,
le lanceur de couteaux touche de loin,
l’erreur est d’atteindre la cible, la grâce est de la rater

Erri de Luca, Aller Simple, Gallimard, p. 158-159

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