la PU, c’est grammatique

Tristesse d’une langue qu’on éreinte, les prières universelles sont souvent mon calvaire.

Déjà, le fond, c’est parfois super militant, comme porte voix de tel ou tel mouvement, ou complètement lénifiant et fade, sans parler des jolis copiés collés des « Prions en Eglise, les fiches, Magnificat » jolis mais désincarnés. Si en plus, il y a une allusion à un thème politico socialo spiritualo orienté, c’est la fête des commentaires à la sortie de la messe.

Si en plus c’est mal lu…

Il n’empêche que le plus rude, le bien souvent, c’est la forme… « pour les hommes, pour les femmes, pour les enfants de la terre… prions le Seigneur », « nous te prions *PAUSE* SeIgneur, *PAUSE* pour… « . Il faut le dire, c’est toujours difficile à écrire, et bien souvent rude pour entrer dedans.

La prière universelle est mon calvaire sur la forme quand je dois l’écrire. Le cadre est clair : ni une tribune, ni une publicité pour l’acat ou le secourscatholique, des thèmes globalement balisés mais qui méritent une attention à la société, l’Eglise et ce qui les agite. L’objectif : rester juste, original, court et fin, bien tourné, et vraiment faire prier. Si en plus on veut absolument « coller aux lectures »… C’est mission impossible à chaque fois ou presque.

Et je sais que nous avons chacun nos travers et les miens sont pléthoriques. J’écris trop compliqué, je choisis des mots, et les contourne à loisir, laissant à l’imprécision d’une formulation ambiguë le soin de dire plusieurs choses. D’ailleurs, c’est le commentaire laconique des gens qui me connaissent bien sur ce blog : euh, là, on a vu que ça valait même pas la peine de chercher à comprendre. Donc <skip>.

Le pire, c’est qu’on fait toujours un peu la même chose. Un peu comme ces curés qui finissent TOUJOURS de la même manière leurs homélies. Pour ma part, dans mes écritures en tous genres, je suis prisonnier de la conjugaison (ce qui me permet de me vautrer allègrement dans les concordances hasardeuses du français). Puisque j’abuse du subjonctif, je vous propose un petit retour donc, et un précis spirituel : comment conjuguer les verbes dans la foi.

Subjonctif, « que vienne ton règne, que ton nom soit sanctifié, sur la terre… » c’est le temps du long désir, celui de l’aspiration muette qui adoucit les verbes en suppliques, en attente, en espérance. Le subjonctif rajoute des e partout, c’est plus doux. J’y suis drogué. (attention, le subjonctif imparfait, ou passé sous toutes ses formes prête facilement à rire, faut dire qu’il met de l’attente dans l’hier, ce qui est drôle)

Indicatif présent, pour désigner et reconnaître ce que Dieu fait avec moi , ce qui travaille, ce qui rugit, c’est le temps du déployé, c’est le temps du récit, où tout pourra prendre sens, sans bien être sûr de la portée.

Futur simple, et passé simple. C’est le temps de l’action de Dieu. « Il fit, il fera ». Toute la promesse biblique repose sur ces deux temps. Simples. Précis. Sans appel. Ou plutôt si, plein d’appels.

Imparfait, le temps de la présence de Dieu, déjà déployée dans le temps de mon histoire, que je reconnais, mais pas encore terminée. La perfection se recevra dans ma manière d’habiter ce qui a été commencé. (« quand tu étais dans le ventre de ta mère, je te connaissais »)

Futur proche. le temps improbable. Genre « Je vais prier ».  c’est mon temps décisionnaire. C’est le temps que j’utilise quand je me recolle dans ma vie spi. ça prend appui sur le présent et me déplace vers l’avenir en voulant aujourd’hui. Ne marche pas tout le temps.

Conditionnel. Ce n’est pas le temps de Dieu, c’est le temps de ma résistance pour laisser entrer en moi le futur simple de Dieu (« je ferais…, si… ). Je rajoute des virages partout. D’où le s final. (tu noteras alors la mauvaise foi du conditionnel passé sous toutes ses formes)

Impératif sonne souvent comme un coup de fouet, surtout sans les formules de politesse qui vont avec. C’est souvent le temps de ma colère, où le temps des invitations de Dieu, mais alors, c’est plus délicat… allez viens, viens, viens, on est bien.

Plus que parfait. C’est le temps que j’assène à Dieu pour lui reprocher d’avoir fait des choses parfaitement pour moi hier, mais tout laisser se barrer en couilles aujourd’hui. « Tu m’avais aidé »…

Alors je ne sais pas s’il faut objectivement prendre au sérieux tout ça, (parce que grammaticalement c’est du grand n’importe quoi) mais je crois que je vais subjonctivement me pencher en avent.

Notes :

[1] quand on invente une relique, c’est qu’on la trouve et la propose au public en fait.

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