Monsieur le Président,

Nous avons voté lors de votre élection, et vous avez été élu par une majorité de Français, vous avez donc toute légitimité à présider aux destinées de la France, et à guider tant ceux qui vous ont soutenu, ceux qui ont rejeté votre prédécesseur que tous les autres Français. Seul chef de l’Etat, vous êtes donc mon président, représentant de la France, pour nous et à l’extérieur et pour cela je vous écoute, je vous respecte, et je me sens tenu de vous aimer.

Je dois avouer, toutefois, que bien souvent, vous me perdez en route, et je ne comprends pas, mais vraiment pas, ce qui vous inspire ou vous pousse…  Dans un raidissement spectaculaire, vous avez réussi à opposer frontalement des personnes intelligentes, dont j’aime la justesse et la pondération, en deux options, deux clans s’invectivant des pires procès d’intention au lieu de permettre par exemple une troisième voie, que tous auraient pu éclairer, en vue d’un plus grand bien ; vous  avez fermé délibérément votre porte à des sages, humbles et qui vous appelaient pour échanger en vérité ; vous avez tu la voix de centaines de milliers de personnes sincères, les refoulant dans un militantisme qui pourrait devenir stérile, il y a désormais des tensions et des blessures qui pourrissent nombre de communautés ; vous avez laissé soupçonner les chrétiens de lobbyisme, ou de pingrerie supputant des portes fermées à la pauvreté, et laissé s’enclaver dans la culpabilité des chrétiens qui pourtant sont souvent déjà si donnés ; vous avez oublié l’audace du souci des plus pauvres ; et malgré le respect que je voudrais avoir pour vous, vous agissez comme si vous étiez le jeu de lobbies idéologiques comme votre prédécesseur pouvait sembler l’être de puissants et financiers.

Je voudrais vous accorder le bénéfice de l’intelligence, de l’union nationale, de la responsabilité, de la vision d’ensemble qui pourraient m’échapper et que je ne partagerais pas, … et hier, vous avez ricané de celui qui ne s’approprie pas le pouvoir qui pourtant lui avait été confié, vous avez plaisanté légèrement en commentant la décision du pape, au nom de je ne sais quel sens de la dérision. Ne pouviez vous pas respecter celui qui a toujours vécu sa mission non pas comme un pouvoir mais comme un service, service de Celui qu’il sert, service de ceux qui lui sont confiés ? N’était-ce pas le sens de toute responsabilité ? La Vôtre pour la France y compris ? Y a-t-il des convictions qui arrachent aux hommes la majuscule qui devrait les honorer ?

Monsieur le Président de la France, je dois vous l’avouer, vous me perdez.

Vous ne me connaissez pas, je ne suis personne, un électeur, un Français pas meilleur qu’un autre, embringué dans mes contradictions, obscur prêtre de province, anonyme, soucieux de voir grandir les personnes qui me sont confiées, mais incapable de bien le faire … J’assume d’être un parmi des millions, mais j’avoue que c’est une expérience désobligeante de ne pas avoir l’impression d’œuvrer avec vous au service de l’homme, de quelque chose de plus grand que nous, de me sentir ainsi méprisé.

Veuillez croire, Monsieur le Président, au profond désir de vous accorder mes sentiments les meilleurs, mais pour l’instant, ils sont surtout partagés.

David Lerouge.

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