74 cm

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Sans compter les doubles, voire les Nouveaux Testaments en 5 exemplaires, ou la traduction en allemand, il y a dans mon bureau soixante-quatorze centimètres de Bibles en tous genres. Trois BJ dont deux qui se collent sans souci dans la poche, cadeau de profession de foi, c’est la plus écrite, la plus lisible en version précise. Un nouveau Testament et une Bible GF en traduction œcuménique, document de travail, plus lisible mais moins fluide, notes complémentaires hyper appréciées, … une Bible Bayard jamais vraiment lue ni même ouverte sauf pour la critiquer, un NT de Sr Jeanne d’Arc pour la traduction un peu roots, une Bible Osty avec notes, pour le cas où, une Bible Segond pour la Bible-à-pas-cher, une Gidéon sauvé d’un caniveau, une Sainte Bible pontificale, transmise familialement et offerte par mes parents le jour de l’institution comme lecteur et acolyte, trois en langue originale (dont une pour bluffer sans frais), une sélection  via Taizé à la traduction inhabituelle et pas mal de traductions pour la liturgie. (sans parler de celles qui sont dans mon pc, ni de celles que j’ai ostensiblement boudées comme la Bible des peuples, celle en français courant, et les pseudos bibles à destination des enfants)

La Bible pour la liturgie est probablement une des moins précises, des moins fidèles, des moins documentées, notées… et pourtant c’est celle que j’utilise le plus dans mes lectures, mes groupes de travail biblique, ma prière… On y choisit parfois un mot pour un autre, on y tourne autour du mot, on change, on simplifie… mais c’est surtout celle que j’entends chaque jour, celle où mon expérience de lecteur est la plus totale, faisant le lien entre ma lecture attentive et ma réception liturgique. Elle fait sens.

Je suis très content que l’AELF ait enfin réussi à traduire entièrement cette Bible, au-delà des péricopes liturgiques, qu’elle l’ait éditée en papier à cigarette blanc, avec un interlignage suffisant et une mise en page aérée sur UNE colonne. Ici pas de notes de bas de pages techniques sur le contexte ou des explications historico critiques, mais des notules pour expliquer le choix du terme traduit, ou les variantes envisageables, des intros denses. On nous y explique qu’il a fallu contourner des difficultés de réception à l’oral (battit/bâtit/a bâti/abbatit), des phrases difficiles à prononcer (“le juge sans justice” est devenu “le juge dépourvu de justice”), des sons ambigus (nazir -> nazi)… Tous les textes sont destinés à être compris par des auditeurs qui n’ont ni le texte, ni les notes de bas de page sous les yeux, et ils doivent même parfois être cantillés, ce qui amène une contrainte stylistique et rythmique supplémentaire. Parfois, dans la marge, on explique que le texte grec a été utilisé, et a été inscrit le jour où le texte résonne dans l’eucharistie. Ce n’est pas une bonne édition critique, mais c’est une bonne édition de la Parole de Dieu, une parole proclamée, reçue, méditée, vécue.

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