le feu qui chante

IMG_20180429_212220.jpgDepuis le mois de Septembre, je suis curé dans une paroisse plutôt formidable. On pourrait parler de la mer, des couchers de soleil, de la douceur du climat, des marées, et des parisiens à bottes propres, des paroissiens hyper engagés, des relations hyper positives et constructives avec les mairies, de la dame des fleurs, du bedeau, certes, du chauffage du presbytère, du confort du siège de présidence, des églises fort jolies ou de l’association propriétaire. Aussi.

Non, un des aspects formidables, c’est que les gens ici n’aiment pas trop les réunions le soir, ça gave tout le monde, alors on s’organise, on regarde le planning des marées, on se bouge autrement mais le soir, ça peut être cool. Genre hier soir, après les voeux de la paroisse, c’était soirée cool.

A la saison, le soleil est couché un peu tôt et le temps a fraîchi, si si ma bonne dame, enfin mieux vaut un petit froid bien mordant pendant l’hiver, c’est bon pour la terre voyez vous, parce que déjà les mimosas ont … (pardon je m’égare, ça et les considérations sur la santé, c’est surtout ça qui compte parce que quand on a la santé voyez vous, même avec un petit froid sec, ben, … je m’égare à nouveau). Bref, au presbytère, il y a une cheminée, un stock de bois, et quand la soirée peut être paisible, je bricole dans l’âtre, je bouine au foyer, j’égaye les chenets.

Hier soir, donc, je venais de faire mon laïus tout mignon sur les briquets, j’en avais trois dans les poches (un dans chacune pour ne pas être pris au dépourvu) et je me suis posé après une journée chargée auprès du feu. Je l’ai allumé. Et j’ai regardé, et j’ai écouté.

Au début, papier, petit bois, ça illumine de partout, ça photonne à tout va, le bois prend vite, fort, c’est joli et enthousiasmant, ça ne dure pas, mais c’est un joli décollage, et les flammèches lèchent l’écorce des bûches.

Ensuite le bois plus conséquent, pour affermir tout cela, la chaleur s’installe, le feu se fait foyer et s’attise de lui même, attaquant la bûche de plus en plus profondément, mais toujours de l’extérieur

Et le feu prend son rythme de croisière, il tient, il chauffe dur, il rougeoie et se paie même le luxe de quelques flammes, moins enthousiastes, mais plus chaudes. Qu’on regarde mieux, qu’on retourne la bûche et la chaleur éclate à la face. C’est le moment efficace.

Et tout à coup, la bûche se met à chanter (et uniquement à ce moment là), de petits craquements semblent l’attaquer au cœur qui se fissure et se laisse consumer, elle semble se détruire, elle ne fait qu’embraser jusqu’au linéaments les plus profonds que rien n’avait atteint jusque là. Certaines braises semblent grises quand elles tombent, ce n’est que pour mieux cacher le feu qui les dévore sans la ramener. La moindre brindille qui s’approche explose en étincelles sous la chaleur, le feu ne se voit plus, mais il a tout touché, tout transformé, rien ignoré, jusque dans le coeur invisible à chacun.

et plus tard encore, quand le carbone sera envolé (oups), il restera de quoi enrichir la terre.

C’est une putain métaphore de la vie de foi, TIENS!

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